Le fret conteneurisé continue d'évoluer dans un contexte marqué par les tensions géopolitiques, les incertitudes autour du canal de Suez et les fluctuations des taux de fret.
Lors de notre webinar consacré aux perspectives du transport maritime conteneurisé au second semestre 2026, les participants ont posé de nombreuses questions à nos experts. Évolution de la peak season, réouverture du canal de Suez, conséquences des tensions géopolitiques ou encore contraintes opérationnelles : ces échanges ont permis d'apporter des réponses très concrètes aux préoccupations des chargeurs.
Après avoir exposé nos trois principaux enseignements pour le second semestre 2026, nous revenons ici sur quelques-unes des questions soulevées par les participants, qui illustrent les préoccupations concrètes des chargeurs auxquelles Jérôme de Ricqlès, expert Transport Maritime conteneurisé chez Upply, a répondu.
Pour approfondir ces sujets, vous pouvez également consulter notre livre blanc Conteneurs : nos scénarios pour le 2e semestre 2026.
Peak season : où en est le marché des taux de fret ?
Sur le corridor Europe – Amérique du Nord, la peak season semble déjà avoir atteint son pic. Selon Jérôme de Ricqlès, les prochaines semaines devraient surtout refléter la volonté des compagnies maritimes de maintenir les taux de fret aussi longtemps que possible afin d'amortir le ralentissement attendu.
Sur le Transpacifique, les surcharges liées à la peak season (Peak Season Surcharge ou PSS) devraient en revanche se détendre rapidement, d'ici fin juillet ou début août, une fois la vague d'expéditions passée.
Canal de Suez : sous quel délai espérer une réouverture ?
À ce stade, le scénario privilégié reste celui d'une continuité par rapport au premier semestre.
Si la situation au Moyen-Orient venait toutefois à se stabiliser durablement, un retour progressif par le canal de Suez pourrait intervenir à partir du quatrième trimestre, principalement pour les navires de 8 000 à 15 000 EVP.
En revanche, les porte-conteneurs de 18 000 à 24 000 EVP devraient continuer à emprunter la route du Cap de Bonne-Espérance pendant une période plus longue.
Comment adapter sa supply chain à un contexte géopolitique durablement instable ?
Pour Jérôme de Ricqlès, plusieurs leviers permettent de renforcer la résilience des chaînes d'approvisionnement :
- développer le nearshoring lorsque cela est possible ;
- diversifier les sites de production et d'approvisionnement ;
- accompagner le passage d'une logique de just in time vers une approche davantage orientée just in case ;
- renforcer les stocks tampons sur les flux les plus critiques.
Ces mesures ne permettent pas d'éliminer le risque, mais elles contribuent à mieux absorber les perturbations lorsqu'elles surviennent.
Quels risques opérationnels surveiller ?
Au-delà des évolutions tarifaires, plusieurs sujets opérationnels sont aujourd'hui au cœur des préoccupations des chargeurs.
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Congestion portuaire
Certains terminaux du Benelux connaissent actuellement des tensions sociales, notamment autour des enjeux d'automatisation portuaire. Notre expert recommande, dans ce contexte, d'envisager temporairement une diversification des ports de déchargement, le trafic pouvant être détourné vers d'autres ports de la mer du Nord. Une problématique qui n'affecte pas, à ce stade, les escales de Dunkerque ou du Havre.
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Marchandises dangereuses
Entre les États-Unis et le Moyen-Orient, certaines compagnies continuent de refuser le transport de marchandises dangereuses. Cette situation est liée aux difficultés de transport terrestre au départ de Djeddah et ne devrait pas évoluer tant que les escales directes n'auront pas repris.
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Douanes américaines
Les autorités américaines disposent désormais de moyens renforcés pour contrôler les flux transatlantiques. Les écarts importants sur les factures commerciales peuvent déclencher automatiquement des contrôles. Les chargeurs ont donc tout intérêt à pouvoir justifier précisément les valeurs déclarées.
Ce qu'il faut retenir
Les questions posées pendant le webinar montrent que les préoccupations des chargeurs dépassent largement la seule évolution des taux de fret. Elles portent également sur les conséquences opérationnelles des tensions géopolitiques, les stratégies d'approvisionnement et l'évolution des services maritimes.
Ces réponses complètent notre premier article Transport maritime : 3 enseignements clés avant le second semestre 2026 et apportent un éclairage concret sur les enjeux auxquels les chargeurs seront confrontés dans les prochains mois.
Pour approfondir l'analyse, consultez également notre livre blanc Conteneurs : nos scénarios pour le 2e semestre 2026.