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Transport maritime : 3 enseignements clés avant le second semestre 2026

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Publié le 07/07/2026
Modifié le 07/07/2026
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Transport maritime : 3 enseignements clés avant le second semestre 2026

Le premier semestre 2026 a profondément rebattu les cartes du marché du fret conteneurisé. Conflit au Moyen-Orient, maintien du contournement par le cap de Bonne-Espérance, tensions sur les capacités : les scénarios envisagés en début d'année ont été confrontés à une réalité géopolitique mouvante. 

Lors du webinar Transport maritime à mi-année : des scénarios à la réalité du marché, Jérôme de Ricqlès, expert Transport Maritime conteneurisé chez Upply, et Thomas Larrieu, CEO d'Upply, ont confronté nos scénarios de début d'année à la réalité du marché. 

Voici les trois enseignements clés à retenir avant le second semestre.

1/ Le détour par le Cap remodèle les équilibres du marché

Le passage par le Cap de Bonne-Espérance représente en moyenne 17 jours de délai supplémentaire vers l'Europe du Nord, et 25 jours vers la Méditerranée occidentale, comparé au canal de Suez. Cela représente un surcoût par navire estimé à environ 20 %, principalement lié à la consommation de carburant.

Mais le principal impact est ailleurs : une rotation passe d'environ 4,2 à 4,3 voyages par an à seulement 3,2 via le Cap. Autrement dit, chaque navire effectue moins de rotations sur une année, ce qui réduit mécaniquement la capacité disponible sur le marché.

Le détour par le Cap n'est donc plus seulement une contrainte opérationnelle : il est devenu un facteur structurant de l'équilibre entre l'offre et la demande, à l'heure où repenser les routes maritimes pour éviter les points critiques s'impose comme un enjeu stratégique. Tant que les risques géopolitiques et contraintes assurantielles resteront élevés, les compagnies maritimes ont intérêt à maintenir cette organisation, malgré son coût plus élevé.

2/ La réouverture massive de Suez est de nouveau différée

Fin 2025, l'hypothèse d'un retour massif des navires via le canal de Suez était clairement sur la table pour 2026. Mais le conflit au Moyen-Orient a changé la donne. Si la situation se stabilise durablement, un retour progressif pourrait s'amorcer à partir du quatrième trimestre, mais principalement pour les navires de 8 000 à 15 000 EVP.

En revanche, les porte-conteneurs de 18 000 à 24 000 EVP devraient continuer à emprunter la route du Cap de Bonne-Espérance pendant une période plus longue. En effet, les compagnies maritimes n'ont pas du tout intérêt à précipiter un redéploiement via Suez, alors que des livraisons de navires massives sont encore prévues dans les mois qui viennent. Cela créerait une surcapacité, et donc une importante pression à la baisse sur les taux de fret que les compagnies ont tout intérêt à différer le plus possible. 

3/ Les surcharges n'évoluent pas toutes au même rythme

La surcharge carburant d'urgence (Emergency Fuel Surcharge ou EFS) devrait se détendre rapidement dès fin juillet ou début août, à mesure que les surtaxes des soutes évoluent, avec une réelle marge de négociation, y compris pour les petits chargeurs sous FAK ou paniers trimestriels NAC.

La surcharge risque de guerre (War Risk Surcharge ou WRS), à l'inverse, reste très dépendante de la politique commerciale de chaque compagnie. Face à des écarts parfois significatifs entre transporteurs, comparer les offres du marché avant de s'engager peut se révéler déterminant.

Reste toutefois un point de vigilance : même lorsqu'une surcharge exceptionnelle disparaît, son effet sur le prix, lui, ne disparaît pas toujours avec elle. Certaines compagnies l'intègrent directement dans leurs taux de base, via des augmentations générales des tarifs (GRI) sans date de fin. Autrement dit, la baisse des surcharges ne se traduit pas automatiquement par une baisse du coût total du transport.

Pour aller plus loin

Ces trois enseignements ne représentent qu'une partie des enjeux qui façonneront le marché au second semestre. L'exposition du golfe Persique via ses hubs de transbordement, les scénarios de réouverture progressive de Suez selon la taille des navires, les tensions portuaires ou encore les évolutions réglementaires continueront d'influencer les chaînes logistiques dans les mois à venir.

Pour approfondir notre analyse, retrouvez le replay du webinar Transport maritime à mi-année : des scénarios à la réalité du marché, ainsi que dans notre livre blanc Conteneurs : nos scénarios pour le 2e semestre 2026.